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mardi 17 octobre 2017

Et un jour...

Et un jour, ta main dans la mienne, nous serons invincibles.

Nous irons défier le monde, et nous regarderons , la tête haute, le chemin que nous aurons parcouru.
Nous irons défier le passé, avec ses blessures, et ses souvenirs, et nous irons defier le futur, avec ses promesses et ses doutes.

Et un jour, je serai ta maman... et, ta main dans la mienne, nous ouvrirons les yeux sur un monde nouveau.
un monde où nous aurons appris l' un de l' autre.
Un monde où petit a petit j' aurais su t 'apprendre le don d' amour, et non l' a ban don.
un monde ou petit a petit, tu auras su me rassurer sur la femme que je suis, mes convictions, mon désir de mère.

Et  un jour, tu seras là, dans chaque fibre de mon cœur, de mon corps. Et je serai, enfin, entière.

Et un jour, tu comprendras....  que je suis déjà mère, mais... il me manque toi.
Pour boucler la boucle, pour être Entière, pour que l' Histoire débute vraiment.
Parce que, même si je n' ai que deux mains, mon cœur a de la place pour 3. Et ton frère et ta sœur, ne comblent pas ta place. Mon coeur est plein aux 2/3.
Et  un jour, je serai"pleine". De vous.
Mes enfants.


Et un jour, ta main dans la mienne, nous serons invincibles.
La culture, la langue, le jugement, la peur, rien n' aura plus vraiment d 'importance. Nous trouverons les solutions, avant même que se posent les problèmes.
Je suis confiante.
Parce que je crois sincèrement que tout  ira pour le mieux. Et que tout sera fait pour le mieux.
Pour toi, pour ton frère, pour ta sœur, pour nous.
Parce que toi, ton frère et ta sœur, et nous, tes parents... nous serons un. Une famille... enfin au complet.
Et que, un jour, ta main dans la mienne, nous irons défier le monde entier.


mardi 3 octobre 2017

L'espoir qui perd pied

Je pensais que je gérais...
L' attente, la projection,
L' échéance...

Je pensai que ça irai,
Que le fait de lire des témoignages, que de les entendre, et de les comprendre, me faciliterai mon aventure.

Je pensai vraiment, sincèrement, que ça irai.
T' inquiètes je gère.
J' ai des objectifs à court terme. Ça fait du bien au moral.
J' ai des coupures, du partage, du réseau social adoptant.
T inquiètes je vais gérer.

Et puis voila.
Je perd pied.
Plus d 'objectifs à court terme,
Plus de sensation d 'être actif.
Ça y est.
L' attente, longue, dure, solitaire,
Les questions, longues, dures, solitaires, pragmatiques.
La solitude, dans la l' attente.
La peine à se projeter, parce qu' il n' y a plus d 'objectif palpable, maintenant c est le coup de téléphone, mais je ne sais ni quand, ni ou. Pas d écheance notée sur un calpin.
L' espoir d 'une personne positive qui se transforme en désespoir d 'une personne impuissante.
Le sentiment de l' incompréhension, qui se referme petit à petit, sur chacun des pores de ma peau.
La présence de ton mari, de tes amis, de ceux que tu croises, qui n' arrivent pas à te rassurer, ou du moins à te faire comprendre qu' il faut lâcher prise.

Mais avant de lâcher prise, faut il savoir a quoi on prend prise...
Je me suis raccrochée à du vent. A des promesses, à des bouts de papiers.
Je me suis raccrochée à des personnes inconnues,
J' ai cru en leur bienveillance.

Mais la bienveillance, ma pomme, ça n' existe pas vraiment dans ce monde là. Même si l' intention y est, personne n' est dans ta peau, ton cerveau. Toi seule vis ton aventure.
Mais les promesses, ma pomme, ce ne sont que des mots, qui s 'envolent.
Mais ce que tu entend la bas, ma pomme, ton cerveau n 'en fait que ce qu' il veux.
Mais les gens que tu croise la bas, ma pomme, ils ne sont pas positifs, ou plein d' espoir, comme toi. Ils se protègent souvent par l' idée du pire, c 'est leur fonctionnement. Et que ça te détruise à toi ce fonctionnement, ce n' est pas leur faute.
Mais ton aventure, ma pomme, elle est totalement subjective, personne d 'autre que toi ne la vivra comme toi.

Et je perd pied...
Parce que mon positivisme s 'est émoussé, parce que je ne sais plus quoi croire, qui croire,
Parce que je n' arrive plus à me projeter, parce que j 'ai perdu mon espoir.

Parce que mon cerveau n' arrive pas à intégrer,  à visualiser, à projeter plus loin.

Parce que ma résilience a des limites.
Parce que ma résilience fonctionnait tant que j' avais un sentiment de contrôle, même illusoire.
Je n' ai plus de contrôle, et le peu que je pensai avoir, je ne l' ai plus.

Lâche prise ma pomme.
Décroches toi, et profites.

Mais comment pourrais je décrocher? mais comment pourrais je lâcher prise quand toutes ces annees ont été si pleines de luttes?
Mais comment faire confiance? garder espoir? y croire? quand rien, non, RIEN ne me raccroche a la réalité de mon projet?
Profiter? mais de quoi? de mes enfants? mais je profites déjà d' eux. " De faire du ménage"... pendant 1 an je ne devrai pas lâcher mon aspi? " De peaufiner", de peaufiner quoi?

Je ne sais rien, je ne saurai rien, je n' entend rien, je ne dis rien, je ne fais rien, je ne projette plus rien,
C 'est comme si, d 'un coup, ça n' existait plus.
C 'est comme si j' avais reçu un aller/retour sur mes joues.
Je sais bien que ça existe, mais je dois le laisser "non exister" pour une période que je ne sais pas si elle sera longue ou courte. Il faudrait que je me dise qu' elle sera longue, me calquer sur le fonctionnement de ceux qui arrivent a se projeter si loin... Mais je ne peux pas. Ce n' est pas moi. Moi mon projet, ma vie, elle tourne autour de l' espoir.

Ma prunelle qui me dit " tu te sens dépossedée".
Voila.
C 'est ça,
Depossedee parce que le fait de devoir lâcher prise, ça me dépossède de mon projet, de mon enfant, de mon espoir.

voila...

Il ne me reste qu' à me dire que chaque matin que je verrai se lever sera un matin de moins à t' attendre.
Il ne me reste qu' à me dire qu' il y a un an, je ne savais même pas que tu serais au bout du chemin.
Il ne me reste qu' à me dire que même si je ne vois pas le bout du chemin, il sera un jour derrière un virage.
Et, en attendant, il faut que je continue marcher. Même si la route me parait si longue, si solitaire...


... Pas si facile...


samedi 16 septembre 2017

De la soit disant "charité" du parent adoptant...

Depuis maintenant 4 ans révolus que nous nous sommes lancés, Pommier et moi dans la longue procédure qu' est celle de l' adoption de notre troisième enfant, nombreux sont ceux qui nous disent " que vous êtes charitables", ou "c 'est beau ce que vous faites", ou "quelle belle action"...
Je ne sais pas ...
Mais ce genre de phrases me laissent un goût amer dans la bouche.
J' ai beaucoup de mal avec cette notion de Charité...

Et je me rend compte que pour la majeure partie du monde, le fait même d' adopter est un acte charitable, un acte humanitaire... UN ACTE HUMANITAIRE!!!!
Mais quand même!!! se rendent ils compte de l' atrocité qu' ils peuvent insidieusement mettre dans la tête des enfants adoptés? du poids sur leur epaules, et de l' annihilation de toute estime de soi qu' ils pourront un jour leur provoquer?

Un enfant n' est jamais un "pis aller", il n' est jamais un acte de charité.
Un enfant adopté ne devrait jamais ressentir  le sentiment de pitié dans les yeux de ceux qui l' entourent.

Adopter un enfant est un choix. oui un CHOIX. Comme il est du choix de chacun de vouloir devenir mere un jour.
Le recours a l' adoption lorsqu' on a choisi de vouloir devenir mère n' est, par contre, pas toujours un choix: c 'est sur. Apres des années de PMA infructueuses ( par exemple), nombreuses sont celles qui se tournent vers l' adoption car elles ne peuvent devenir meres "par le sang".
Mais il nous appartient toutes de vouloir, ou non, devenir mères.
Et lorsque nous nous tournons vers l' adoption, ce n' est jamais par simple dévotion, ou par acte caritatif, et encore moins humanitaire. ET C 'EST TANT MIEUX!
Nous nous tournons vers l' adoption car nous l' avons choisi. En toute connaissance de cause. Car nous désirons un jour un enfant. EN PREMIER LIEU PARCE QUE NOUS DÉSIRONS UN ENFANT... en non pour nous ouvrir les portes du paradis.
Nous nous tournons vers l' adoption car l' envie d un enfant, et/ou d 'une parentalité est plus forte que le reste.

Imaginez, ne serait ce qu' une minute, qu' un enfant grandisse en entendant sans cesse : " je t 'ai sauvé de la misère", " Et ta "vraie" mere, alors elle t ' a abandonnée, mon pauvre ", " qui sais ce que tu serais devenu sans moi".
Mais ALLO!
Non, etre parent d 'un enfant adopté, c 'est refuser ce regard de pitié que le commun des passants pourra porter sur notre enfant.
Etre parent adoptant, c 'est être bien conscient, que cet enfant, on l' a choisi. Et qu' il nous a choisi.
Que " l' univers entier a conspiré pour qu' on le trouve " ( l alchimiste, P. coelho).
Et, je pense sincèrement que cet enfant aura ete l' étoile de sa mère biologique, qui dans un don d ' elle même, très courageux, aura fait ce qu' elle pensait être le meilleur pour cet enfant.
L' acte de courage dans l' histoire d 'une adoption, n' est pas celui du parent adoptant, mais bien celui de la mère biologique, qui, au delà de toute imagination, aura su/pu rêver une autre vie pour son enfant.

Mon enfant n' aura pas besoin de votre charité, messieurs dames.
Il n' aura pas besoin de votre pitié non plus...
Je n' aurai moi même pas besoin que l' on me dise que je suis " courageuse", ou "charitable". Les portes du paradis ne s' ouvriront pas pour moi juste parce que j' ai adopté un enfant.
J' ai fait ce que je désirait faire. Je voulais etre maman , encore une fois.
Je voulais m' épanouir et regardant pousser un tresor, encore une fois.
Je voulais tenir par la main, encore, une petite menotte.
Je voulais encore des colliers de bras autour de mon cou.
Je voulais encore un enfant.
Ce n' est pas du "courage", ce n' est pas de la "pitié", ce n' est pas de la "charité".
C 'est juste un désir de maman.
Et cet enfant, qui me sera confié, n' aura pas besoin de pitié non plus, car il aura été choisi, par l' univers tout entier, un élu, un don d 'amour d' une mère a une autre.
Un cadeau de l' univers d 'une mère a une autre. Voila tout.

Je ne suis qu' une maman, qui n' aura pas porté son enfant dans son ventre, mais qui aura bien conscience du trésor qui lui sera confié, et de la grande tache qui lui sera confiée: être à la hauteur de la mère qui l' aura portée, et du don de soi qu' elle lui aura fait.




vendredi 10 mars 2017

La prise de Conscience

Depuis 4 ans maintenant, mon Pommier et moi attendons ce fameux jour, où nous irons chercher notre enfant venu d' ailleurs. 
Alors que personne dans notre entourage ne comprenait à l' époque les motivations que nous avions, amis, famille, connaissances, ont bien du se resigner au fait que nous allions aller chercher cet enfant. Qu'ils le comprennent ou pas. 
Nos amis, nos familles, ne comprendrons peut etre jamais ce projet, qui est le NOTRE. Et, même si je souhaiterai pouvoir crier a la face du monde les pourquois, je crois que je n' y arriverai pas. Les mots ne sortent pas, et je suis lassée des demandes de justifications. 
Alors, nous menons notre projet, et nous nous preparons. 
Depuis 4 ans maintenant, nous grandissons avec notre projet, comme pourrait grandir un foetus dans le ventre de sa mere. Jusqu' au jour où, bientot, nous serons les parents d' un enfant... special. 
Special? pourquoi? parce que cet enfant sera tout simplement un survivant, parce qu' il ne sera pas arrivé jusqu' a nous as hasard, parce qu' avec lui nous serons des parents speciaux, des parents adoptifs, des parents qui auront bien des obstacles a surmonter avant d' etre les adultes que cet enfant aimera. 
Depuis 4 ans, nous essayons d' expliquer, de faire comprendre, de faire prendre conscience de ce qu' implique l' adoption pour un enfant. 
Nous avons elargie notre culture de l' adoption, nous l' avons fait murir, nous y avons reflechi, nous avons grandi dans cette culture de l' adoption. 
Mais notre entourage? 
Mais nos amis?
Mais ceux qui ne comprennent toujours pas le pourquoi? Comment pourraient il comprendre le comment? 

Johanne Lemieux, est une psychotherapeute specialisee dans l' adoption, auteure de nombreux livres, dont " la normalité adoptive", que je conseille a tout le monde. 
Elle est une figure unique dans le monde de l' adoption, et possede ce don rare qu 'est l expressibilité des mots. 

J' ecris cet article aujourdhui pour tous ceux qui sont en train, vont, ou aimeraient adopter. 
J' ecris cet article aujourdhui pour tous ceux qui ont ou auront un jour dans leur vie a interagir avec un enfant qui aura fait l' objet d 'une adoption. 
J' ecris cet article pour que tous, vous compreniez, comment se construit un enfant en attente de parents, 

Merci Johanne Lemieux pour les mots qui vont suivre,  


"  Bonjour Grand-Papa, bonjour Grand-Maman

Je m’appelle ……….….. , j’ai …….… mois et je vis présentement à …….… . On ne se connait pas encore mais je sais que vous entendez parler de moi depuis très longtemps. Vous avez souffert en voyant mon futur papa et ma future maman m’espérer si longtemps. Vous pensiez que j’arriverai dans votre vie par une naissance et que nous aurions une filiation biologique. Maintenant, vous savez que je vais arriver par adoption et que nous aurons une filiation par le cœur.  
Comme vous vous en doutez, j’ai déjà vécu, à mon jeune âge, tout un destin ! Si ma vie avait été facile, je n’aurai pas eu besoin qu’on me trouve une nouvelle famille à l’autre bout du monde. C’est justement parce que j’ai déjà vécu de nombreuses épreuves que je souhaite que tout se passe le mieux possible lorsque je vais arriver dans la vie de mes nouveaux parents, et dans votre vie à vous aussi.
Une chose est certaine, mes grands parents auront besoin de vous avant, pendant et après mon arrivée car c’est un rôle nouveau et exigeant qu’ils auront à apprendre. Moi, je vais avoir besoin de vous pour le reste de ma vie, mais pas pendant les premiers mois... Je sais, c’est étrange. Une adoption, ce n’est pas tout à fait comme une naissance. Laissez moi vous expliquer pourquoi.
Dans le contexte d’une naissance, le bébé n’a pas encore vécu de mauvaises expériences lorsqu’il rencontre ses parents. Il connait sensoriellement sa maman biologique puis il va découvrir son papa puis vous doucement, tranquillement, par étapes.  Il ne vous viendrait pas à l’idée de vous imposer pour empêcher la maman de donner le sein ou de toujours remplacer le papa pour donner le biberon. Vous savez que pendant les premiers mois, le bébé a surtout besoin des soins de ses deux parents pour s’attacher solidement à eux avant de s’attacher solidement à vous par la suite.
Pour toutes sortes de raison complexes et qui ne sont pas de ma faute à moi. Je n’ai pas eu cette chance de rester physiquement, sensoriellement, émotivement proche de ma maman et de mon papa. Ils ont disparu dans l’univers en me laissant en grand danger, à cause du choc physique et émotif de leur disparition. Oui, mon petit corps se souvient d’avoir eu peur, d’avoir été triste au point de ne plus vouloir vivre, au point de penser que je devais être un mauvais bébé, un bébé avec peu de valeur et d’importance pour qu’on arrête ainsi subitement de me protéger. J’étais bien trop petit pour comprendre que ce sont toujours des problèmes d’adultes qui causent des abandons, pas des défaut de l’enfant lui-même. Quand je serai plus grand, je vais pouvoir comprendre que ce n’est jamais jamais la faute des bébés lorsqu’ils sont abandonnés. Ce fut une grande épreuve mais j’y ai survécu. Car oui, je suis un survivant !  Vous savez, beaucoup de bébés humains se laissent mourir quand ils sont séparés de leur première maman. Pas moi ! Mais je ne savais pas que ce n’étais pas encore fini...
Ensuite, j’ai aussi dû survivre pendant des mois (ou des années) dans des conditions de vie difficiles. Les nounous à l’orphelinat (ou les membres de ma famille d’accueil) n’ont jamais pu donner tous les soins dont j’avais besoin :
1. Je n’ai pas mangé au moment où j’avais faim. J’ai dû attendre beaucoup et longtemps de ventre vide. La qualité de la nourriture  n’était pas non plus toujours au rendez-vous. Ma santé en est donc fragilisée.
2. Je n’ai pas été changé au moment où j’ai souillé ma couche. J’ai dû attendre avec des brûlures aux fesses et beaucoup d’inconfort. Cela a stressé mon corps inutilement.
3. Je n’ai pas été bercé pour m’endormir et personne ne m’a chanté des chansons. J’ai dû me bercer moi-même ou m’endormir d’épuisement plutôt que paisiblement.
4. Je n’ai pas été caressé, complimenté, chatouillé, encouragé à parler, à bouger, à marcher. Ce qui fait que je me suis beaucoup ennuyé. Je suis resté seul dans ma couchette presque toute la journée. Mon cerveau n’a pas eu la nourriture sensorielle, affective et cognitive nécessaire pour que mes neurones se connectent rapidement. Mon cerveau a pris du retard dans son développement.
5. Je n’ai pas été soigné immédiatement lorsque j’avais des coliques, des douleurs, des infections, des éruptions cutanées comme tous les petits bébés. J’ai dû me débrouiller tout seul, endurer en silence ou en pleurant jusqu’à l’épuisement ou jusqu’à ce que le sommeil me libère temporairement.
6. Comme personne ne m’a suffisamment protégé, j’ai sur-utilisé mes émotions de survie (colère, tristesse, peur) ce qui a nui au développement des autres fonctions de mon cerveau, celles qui existent pour apprendre que la vie est belle (joie, plaisir, désir).
7. Je ne me suis pas senti compétent, car quand je pleurais, personne ne me répondait, quand je voulais avoir des interdictions, personne ne s’occupait de moi. Je me sentais invisible. Mon estime de moi-même est donc fragile. Je ne suis pas certain d’avoir ma place dans l’univers.
8. Je n’ai pas développé mon langage, car personne n’a pris le temps de me parler, de me montrer le nom des objets ou de refléter mes émotions en les nommant.
9. Je n’ai pas été regardé dans les yeux avec amour, admiration, tendresse, fascination. Je n’ai pas appris à bien décoder les expressions du visage.

En écrivant cela, je ne veux absolument pas que vous ayez pitié de moi. Ce qui m’est arrivé est triste, injuste, mais je ne veux pas être vu comme une victime. Je veux être vu comme un survivant qui a plein de ressources. Je souhaite qu’on me regarde avec compassion pour tout le travail que j’aurai à faire afin de reprendre mon développement et avoir enfant un vie heureuse. Je suis résiliant mais cela ne suffira pas. J’aurai besoin de mes parents et de vous. Je veux que vous deveniez mes tuteurs de résilience. Comme on met un tuteur à un tournesol pour qu’il pousse bien vers le soleil, vous serez mes tuteurs pour pousser en beauté et en santé.
Votre compassion doit se porter surtout sur le fait que je n’ai été précieux, important, unique pour personne jusqu’à maintenant. Ce sera la blessure la plus douloureuse dont j’aurai à guérir. Bien plus que la malnutrition et la négligence. Je faisais partie d’un groupe d’enfant. Je n’étais pas un individu unique. Il y avait trop de nounous différentes, trop de changements de personnes dans ma vie. Je ne me suis jamais senti spécial, beau, intéressant et aimable parce que personne ne semblait aimer rester auprès de moi.
Plusieurs adultes m’ont donné des soins mais sans m’attacher à moi et sans que je m’attache à eux. Vous devez savoir que l’attachement n’a rien à voir avec l’amour. L’attachement c’est un lien fort, un lien permanent de sécurité, de confiance, de conviction, la conviction d’être tellement spécial pour quelqu’un qu’il ne vous quittera jamais. Lorsqu’un enfant est en relation d’attachement sécurisé avec son parent, il sait, il sait que son parent ne l’abandonnera jamais, qu’il répondra toujours à ses besoins et qu’il le protègera toujours des dangers. Le sentiment d’amour, pour un enfant, arrive dans son cœur et dans son âme après l’attachement comme on met une cerise sur le gâteau.
J’ai donc appris que j’étais petit, vulnérable, dépendant et que j’avais besoin d’un adulte pour survivre… De n’importe quel adulte. Ce qui sera le plus difficile et le plus important dans mon avenir c’est de réussir à faire confiance et à me sentir en sécurité avec mon nouveau papa et ma nouvelle maman. Le plus ardu sera d’abord de tisser avec eux un lien d’attachement solide et permanent alors que tous les autres lien que j’ai vécus ont été faibles et se sont coupés.  Tout mon être aura peur au début qu’eux aussi disparaissent, qu’eux aussi ne décodent pas mes besoins et n’y répondent pas de façon rapide, chaleureuse et prévisible, qu’eux aussi ne me voit pas comme spécial, unique, digne d’amour et d’investissement. Comment cela pourrait il en être autrement ? Jusqu’à mon adoption, je n’avais rien vécu d’autre ! J’ai appris avec courage à m’adapter, à m’ajuster mais pas à m’attacher.
Cela prendra du temps avant que je puisse me rassurer, reprendre des forces, m’attacher, m’accrocher à eux. Il faudra que ce soit eux seuls qui répondent à tous mes besoins de survie – me faire manger et boire, me consoler et me soigner- pendant plusieurs mois avant que je sois convaincu que c’est vrai, possible, réel et merveilleux. Cette étape m’est nécessaire avant de comprendre que je peux vraiment compter sur eux et qu’ils semblent vraiment aimer s’occuper de moi. Car l’attachement se tisse lorsqu’un enfant vit une détresse et que son parent apaise cette détresse. Cela devra se répéter des milliers de fois avant de s’imprimer dans mon cerveau pour toujours. 
Une fois que je serai rassuré, une fois que j’aurai senti et vécu ces liens apaisants, je pourrai confier ma vie, ma santé et ma sécurité à mes nouveaux parents. Je serai enfin disponible pour créer d’autres liens avec vous mes grands parents puis avec tous les membres de ma nouvelle famille.
Je sais que ce que je vous demande est difficile et très différent de vos espérances. Je sais aussi que vous avez vécu autrement l’arrivée de vos autres petits enfants. Vous trouverez pénible de ne pas pouvoir me cajoler, me câliner tout de suite. Cela vous demandera beaucoup de sacrifices. Vous devrez mettre vos besoins (bien légitimes pourtant) en pause pour quelques temps. .. pour  mieux reprendre ensuite, je vous le promets !
La meilleure façon de m’accueillir et de commencer à m’aier est de respecter le cocon physique et affectif dont papa et maman m’enveloppent. Plus je serai capable de fabriquer ce lien avec eux, plus je saurai ensuite comment le faire avec vous. Ce serait au dessus de mes forces de tisser quatre, cinq ou six liens en même temps. Cela ressemblerait tellement à ce que j’ai vécu en pré-adoption que je continuerai à entretenir des relations superficielles uniquement utilitaires pour le reste de ma vie. 
Il existe même un risque encore pire et très réel. Avec toutes vos années d’expérience comme parents, vous saurez très bien comment me consoler, me nourrir ou me faire boire. Vous saurez vous y prendre avec moi encore plus que mes nouveaux parents qui seront encore en apprentissage, nerveux, hésitants,  comme tous les nouveaux parents. Si vous prenez trop de place au début pour ne donner de base dont j’ai besoin, je risque de me sentir plus en confiance dans vos bras quand dans ceux de mon nouveau papa et de ma nouvelle maman. Il est donc possible que je crée un premier attachement plus solide avec vous qu’avec mes parents. Mais comme vous ne serez pas toujours là, je risque de me sentir abandonné de nouveau chaque fois que vous repartirez après une visite. Dès lors, je ne voudrai plus de mes  nouveaux parents et je continuerai à avoir des relations utilitaires avec eux, comme s’ils étaient d’autres nounous qui se rajoutaient à une liste déjà assez longue, rien de plus, rien de moins.
Imaginez le scenario catastrophe, avec toutes les meilleures tentatives du monde de votre part, avec votre désir de me connaître, de m’aimer, de me soigner, vous pourriez saboter le lien d’attachement que je dois tisser avec mes nouveaux parents et me faire souffrir à chacun de vos départs ?
Je sais que c’est la dernière chose que vous souhaitez.
Alors, comment pensez-vous m’être utile ? Comment commencerez-vous votre rôle de Papi et Mamie dès mon arrivée ? En prenant soin de mes parents.
- En leur offrant de l’aide concrète, des petits plats, de l’aide pour les courses, le ménage…
- En leur offrant une oreille attentive pour les écouter dans les juger et en leur disant que c’est normal de vouloir bien faire et de parfois échouer. En effet, que vous ayez adopté ou non vos enfants, vous êtes sûrement passés par là !
- En respectant notre intimité totale durant les premiers jours. Puis en faisant de courtes visites pour jouer avec moi peut-être, mais pas tout de suite pour me soigner, me nourrir, me bercer ou me garder. Je vais ainsi me laisser apprivoiser pr vous, d’abord de loin comme le Petit Prince avec son renard mais sans compter sur vous pour ma survie, au moins au début.
- En prenant des nouvelles de mes parents
- En vous intéressant à la normalité adoptive
- Puis quelques mois après l’adoption, quand mon Papa et ma Maman verront assez de signes d’attachement, ils auront besoin de répit.  YOUPI ! Et c’est à ce moment là que je me montrerai disponible pour m’attacher à vous. Vous pourrez venir me garder30 minutes, puis une heure puis deux heures pendant lesquelles vous pourrez enfin me bercer, me nourrir, me chatouiller, me chanter des chansons, jouer avec moi, me consoler, me coucher.
Vous savez, pour grandir en beauté, en santé, pour apprendre à m’aimer moi-même puis pour apprendre à aimer la vie, j’aurai besoin de vous et de toute la famille. Pas tout de suite, un peu plus tard, seulement, mais pour toujours.
Donnez-moi d’abord le temps de réparer  mes blessures d’attachement avec mes deux parents. Vous m’avez attendu pendant plusieurs années. Est-ce trop de vous demander encore trois ou quatre mois ? Notre nouvelle relation en sera encore plus belle, plus forte et plus utile pour vous et pour moi.
Je  vous remercie déjà car je sais que vous me comprenez mieux maintenant.
Je compte sur votre expérience et votre sagesse durement acquise pour soutenir mes parents dans leur nouveau rôle.
J’ai très hâte de vous connaître Il parait que lorsqu’on est prêt, avoir des grands-parents qui nous aiment et qui nous gâtent est une chose unique, spéciale et formidable !

---------------------------------, votre petit enfant"



jeudi 2 mars 2017

La Lune ou la promesse d' un demain.

La nuit est tombée, 
les bisous ont claqué, 
les souhaits de beaux rêves ont été formulés, 
et la lune s' est parée de sa plus belle robe argentée.
Seuls, nous savourons le moment de calme et soudain,
 le constat est fait...

 Nous l'avons fait, nous avons envoyé dans ce pays qui nous ouvre ses bras, ces morceaux de vie, ces rêves, ces espoirs.
Une larme perle dans mes yeux et dévale ma joue.
 Une larme qui contient tant de choses, tant de doutes, de voeux, de promesses, de coeur.
Et puis, alors que le sommeil de mon mari sonne à mes oreilles, mes yeux restent ouverts, et les images défilent... mon coeur refuse l' accalmie, ma tête est déjà là bas.
J'imagine déjà la prochaine étape, je spécule sur le temps qui doit encore s'écouler, et j' espère... encore...
J' espère que rien ne viendra entraver ses jours qui nous séparent, que la lune continuera à t'offrir sa jolie robe argentée, et que le sommeil s'invitera dans mes nuits.
Et, ce matin, alors que le soleil ce lève, je me rend compte que je ne peux t'offrir que deux choses pour le moment... mon espoir, et la robe argentée de la lune...
Parce que la lune c'est la promesse d' un demain.
 Et tant que je regarderai la lune plutôt que ton visage de bébé endormi, c' est que nous aurons encore le besoin d' un demain.

mardi 21 février 2017

Emergency



Dans le creux de mon estomac, juste un peu au dessus du diaphragme; elle est sourde, elle fait mal, elle me tord, elle ne me quitte pas. Comme une impression de mort imminente, mais à tout petit feu. Comme une sensation que tout m' échappe, alors que non, c 'est maintenant que tout ce joue.
La soumission, totale, entière, sans demi-mesure, a ceux qui, eux, sont à l' exact opposé de ma situation, et pour lesquels, cette sensation n' existe pas. 
Je parle du sentiment d 'urgence, tu sais, celui qui te laisse, haletant, fébrile, et qui te pousse a analyser chaque situation comme si c’était la dernière. Cette peur qui te fait devenir superstitieux, et qui te pousse à négocier avec des forces supérieures, juste pour essayer. 
Tu es là bas, assurément vivant(e), mais sans moi. 
Et j' ai cette urgence dans le ventre de remplir ma première mission si importante: leur dire que j' existe, moi, ici. 
Et j' ai cette urgence dans le ventre, qui me dit que plus je perd du temps avec tout ces papiers, ces signatures, ces démarches, ces prises de becs avec les escargots gribouilleurs, plus tu sentiras que je n' ai pas été à la hauteur. 
J' ai cette urgence dans le ventre, cette peur de ne pas être à la hauteur.
Ma première mission de maman, pour toi, mon enfant venu d ailleurs.
Ma première inquiétude, celle de toute maman, celle de ne pas savoir si je serai assez bien. 
Pourrais-je te mériter?

Alors je me déchaîne, je cours, je tourne, je vire, j' anticipe, et je rattrape. 
Alors je regarde l' homme de ma vie, ton papa, et je regarde ton frère et ta sœur. Et je me dis que j' ai su par le passé, leur prouver que je pouvais être à la hauteur. 
Oui mais toi? toi tu ne le sais pas, et ta véritable maman, celle qui me fait ce cadeau si précieux, a eu j' en suis sure cette même peur, cette même urgence. Celle de faire le meilleur choix et d être a la hauteur pour toi. 
Et, tu ne t 'en rendras pas compte de suite, mais cette maman, ta première maman, a surement fait preuve de beaucoup d amour, et à été a la hauteur, pour que l' on puisse te confier à moi. Et je suis sure, que où qu' elle soit, le sentiment d 'urgence que je ressens aujourd’hui , ne la quitte jamais. C 'est faire preuve de beaucoup de courage que de prendre les bonnes décisions, du moins, celles qui sont les plus justes. 

Pour le moment, je me dis que tu grandis, encore, sans nous., Et je me dis que le mieux que j' ai a faire pour toi, est de te faire déjà exister dans nos vies. 
Pour le moment je reste avec mon sentiment d' urgence, dans le creux du ventre, celui qui me dit que je suis déjà ta maman, et que cette première mission que l' on ma confié, même si elle n' est pas concrète pour toi, est celle qui fera que chaque jour je me rapprocherai un peu plus de toi. 
Pour le moment j' apprend a vivre avec ce sentiment d 'urgence, j' essaie de l' apprivoiser. Et, je te le jure, je vais essayer d 'en faire quelque chose de bien plus grand encore, de le transformer en éclats de rires, en sourires, en amour tout simplement. 
Parce que cette urgence ne prend sa source que dans ma peur de ne pas etre a la hauteur, 
Parce que cette peur n' est rien d autre que le questionnement qu' ont toutes les mamans, 
Parce qu' etre maman c 'est ca, c 'est aussi avoir le courage de ne pas être parfaite et d 'essayer malgré tout de faire au mieux par AMOUR. 
Mon urgence, c est toi. 
Mon urgence , c 'est nous. 
Mon urgence, c 'est notre famille. 
Mon urgence, c est de vous mériter, vous 3, mes enfants. 




lundi 6 février 2017

Il était une fois... 2 femmes

"Il était une fois deux femmes
Il était une fois deux femmes
Qui ne s'étaient jamais rencontrées.
L'une dont tu ne te souviens pas,
L'autre que tu appelles « Maman ».
Deux vies différentes
Dans l'accomplissement d'une seule, la tienne.
L'une fut ta bonne étoile,
L'autre est ton soleil.
La première te donna la vie,
La seconde t'appris comment la vivre.
La première créa en toi le besoin d'amour,
La seconde fut là pour le combler.
L'une te donna tes racines,
L'autre te donna son nom.
La première te transmit ses dons,
La seconde te proposa un but.
L'une fit naître en toi l'émotion,
L'autre calma tes angoisses.
L'une reçut ton premier sourire,
L'autre sécha tes larmes.
L'une t'offrit en adoption,
C'est tout ce qu'elle pouvait faire pour toi.
L'autre pria pour avoir un enfant,
Et le destin la mena vers toi.
Et maintenant, quand en pleurant,
Tu me poses l'éternelle question,
Héritage naturel ou éducation ?
De qui suis-je le fruit?
Ni de l'une ni de l'autre mon enfant,
Tout simplement de deux formes différentes de l'AMOUR"


Ce texte n' est pas de moi, il est d ailleurs d un auteur inconnu. 
Mais.... il me retourne tellement que je voulais le coucher sur mon blog.
Profitez...

samedi 28 janvier 2017

Le puit d ' Amour

Je pense à toi,
A chaque moment de la journée, mes pensees vont vers toi.
Et je parle de toi, a peu pres tout le temps... quand je vois mes pépins, je sais maintenant qu' il en manque un.
Les gens ne comprennent pas la place que tu as déjà dans ma vie, et combien il a ete difficile d 'arriver jusque là.
Les gens ne comprennent pas que ce projet, c 'est le projet d une vie.

Et je pense à toi, à ton futur prénom, a ta future chambre, à ce qu' il faudra que j' amene dans les valise quand viendra le moment d aller te chercher.
Et je pense à toi, au coup de téléphone qui nous sortira de l' anonymat, et qui fera que nous serons encore un peu plus dans nos pensées.
Et je m' emballe, et je parle de toi avec ton papa, et aussi tes frere et sœur, et nous pensons au futur.

Et je pense à toi quand il s 'agit de remplir un papier, gravir des montagnes, en me disant que toi, qui est écrit dans notre destin, tu nous attend autant que nous t 'attendons.

Alors je prend mes plus beaux stylos, ma plus belle écriture, et mon plus beau sourire, parce que là, derrière ces mots, ces photos, ces questionnaires, ces signatures... tu es là.

Et je pense à toi, toutes les secondes de toutes les minutes, de toutes les heures. Et mon sourire ne me quitte pas parce que je sais que bientôt... bientôt... nous te connaîtrons, et tu feras enfin partie de nos vies autrement que par la pensée!

Je pense à toi, et je t 'envoie par delà les océans, les montagnes et les plaines, tout l' amour que j' ai déjà pour toi.
Parce que bientôt ce ne sera que du passé.
Parce que bientôt, le courage je le puiserai dans tes yeux quand toi tu puiseras de l' amour dans mon cœur
.

mardi 10 janvier 2017

Je t'attend si fort.

Je tourne en rond, je vais, je viens,...
Je redresse la tête, je me regarde dans le miroir, et puis je détourne les yeux. 
tiens... si je changeais de tête?
Tiens... si je sortais?
Et puis je change de tête, la petite parenthèse m' a fait du bien, je me regarde dans le miroir, un peu plus longtemps cette fois... elle me va bien cette tête. Puis je détourne de nouveau le regard.... et je tourne e rond, je vais je viens. 
Les minutes s' engrainent, les jours passent, et je n' en peux plus d' attendre.
Et si j' apprenais le vietnamien? 
Juste au cas où ils nous diraient oui? plus que 7 jours avant de savoir...
Non, il ne me comprendrai pas encore. 
Il ne comprendrai pas, que mon esprit doit s' occuper, que je tourne en rond dans ma tête, que je me fatigue de tant d 'espoir, de tant de désespoir. 
Tiens.... si j' écrivais? 
L' ordinateur s 'allume, il met un temps infini a m' ouvrir cette page. 
Mais le temps... j' ai l' impression que je ne l' ai plus. Je n' ai plus de temps de libre... Parce que je t' attend. 
Je t ' attend si fort si tu savais. 
Je t 'attend pour pouvoir me regarder dans tes yeux. 
Je t 'attend pour m' émerveiller de la beauté du monde, à travers tes yeux. 
Je t ' attend depuis si longtemps. 
Et l' espoir de te rencontrer me tue un peu plus chaque jour. 
Et le désespoir de te rencontrer me tue un peu plus chaque minute. 

Ma vie est une vie heureuse. J' ai toujours voulu avoir une vie comme la mienne. J' ai fais des rêves, et chaque jours, je les réalise un peu plus. 
Mais tu es mon plus grand rêve. 
Tu es mon autre venu d 'ailleurs. 
Tu es mon but ultime. Tu es ce sans quoi je ne serai jamais vraiment accomplie.

Puisse mon esprit s' apaiser, ma conscience trouver la foi. 
Puisse le temps cavaler jusqu'à toi. 
Puisse mon âme de mère trouver le réconfort d 'un lendemain où tu serai là. 


mercredi 30 novembre 2016

et pourquoi 3?

Depuis quelques temps je tourne autour du pot, je ne sais quels mots utiliser pour ne pas froisser les susceptibilités, pour ne pas m' attirer les foudres, pour ne pas sortir du rang. 
Et puis, aujourd’hui j' ai décidé, je ne sais pour quelle raison, de dire adieu a toutes ces questions existentielles, et de coucher sur mon clavier le fond de ma pensée...
Certains l' ont deviné, ou lu, ou je ne sais, et auront compris que mon mari et moi sommes en procédure d adoption depuis bientôt 3 ans maintenant. 

Une adoption? m' enfin.... mais pourquoi????? vous en avez deja deux! c 'est pas suffisant???

Et voila l' éternelle rengaine qui, encore et encore, sors de la bouche des gens, qui , pourtant sont les plus proches de moi, les plus liés à moi. Ceux qui devraient comprendre, ceux que je porte dans mon cœur, ceux auxquels je suis tant attachés. ceux qui me font tant souffrir par leur manque de compréhension..
Un troisième... oui un troisième!!! je ne parle pas d' une équipe de foot non plus. 
Et ce qu' on demande aux futurs parents d 'un enfant pourquoi ils ont fait un enfant??? hein?? NON? parce que la notion d enfant non biologique DÉRANGE....

Je parle juste de ce que la nature ne peux m 'offrir, je parle juste d un peu plus d amour, et même de beaucoup plus d amour!
Je parle d un être innocent, qui a besoin de parents, et je parle de nous, qui sommes en capacité de pouvoir lui offrir ce que tout enfant devrait avoir. 
Je parle d un troisième, ENFANT, pas d un chien, pas d un chat, pas d 'une source de problèmes infinie. 
Je parle d un ENFANT avec tout ce que ça implique. 
Avec son odeur, son caractère, son amour, son passé, son présent et son futur. 
Je parle d ' un ENFANT, qui ne sera jamais parfait! JAMAIS! comme je ne le serais JAMAIS moi non plus. 
Je parle d un être humain, qui en dépit de tout bon sens, aura eu une expérience de la vie tellement traumatisante que je passerai peut être toute ma vie a devoir le rassurer sur le bien fondé de SA PROPRE EXISTENCE en tant qu' être humain. 
Je parle d un enfant, qui aura peut etre connu et vu des choses qu' aucun enfant ne devrait connaitre, et je passerai peut être ma vie a essayer de réparer le mal que d 'autres adultes auront fait. 
Je parle d 'un adulte en devenir qui n' aura jusque' a lors peut être pas eu les bons exemples, les bons modèles pour pouvoir se construire. 

Mais n' est ce pas ce qu' un parent fait au jour le jour, avec ses propres enfants? le guider, lui donner les cartes, le porter, le chérir, le rassurer, le consoler, et lui expliquer qu' être une famille c 'est être là les uns pour les autres?
 
Alors pourquoi faire une telle différence entre un enfant et un autre?
Pourquoi l' adoption d 'un enfant constituerai un frein a MA famille? quand au contraire elle implique plus de partages, plus d amour, plus de mots sur des maux. 
Alors pourquoi devrais je renoncer a mon troisième enfant, même si il est venu d 'ailleurs, juste parce que la majorité des gens jugent ou pensent savoir mieux que moi ce que je veux dans la vie?
Je crois surtout que les gens ont peur, les gens ont des idées toutes reçues sur l' adoption, et surtout pensent qu' adoption signifie délinquance, problèmes, colères, et inadaptabilité. 

Moi dans le mot adoption, j' y vois, amour, partage, désir... j' y vois une promesse d un avenir riche en émotions, j'y vois des sourires, des larmes de joies, comme peut être d impuissance, j' y vois mon coeur de mère débordant d  amour, de joie, de rires, de câlins. 

Alors oui, peut etre que tout ne se fera pas aussi facilement que lors d une filiation biologique, 
Alors oui, peut etre devrons nous passer par des phases où il ne sera pas facile d 'etre parents. 
Alors oui, peut etre que notre parcours de parents ne sera pas tout a fait identique au parcours "parfait" que devrait avoir chaque parents. 

Mais, l' enfant qui deviendra notre enfant, sera aimé, choyé, desiré, il sera dans notre coeur, dans nos vies, aussi prestent que nos deux autres enfants. 
l' enfant qui entrera dans nos coeurs, ne le regrettera pas. parce que nous savons pertinemment quelle est la qualité de notre amour, et nous savons également que nous sommes entourés de personnes qui sauront faire les meilleurs choix pour nous. 

ALORS, 
si vous avez un jour envie de demander a un couple pourquoi ils veulent adopter, ou pourquoi ils veulent un autre enfant, interrogez vous...
Pensez vous vraiment qu' un couple pourrait se lancer dans ce long parcours du combattant, dans cette longue attente, dans ces doutes perpétuels, sans avoir de motivation, ni d envie?
Demande t on a des parents en PMA, ou en FIV pourquoi ils ont recours a ce genre de procédure? non, tout est compris, induit, et entendu. 
Mais pour des parents en procédure d adoption, alors la question se pose. Et bien je dis STOP. Parce qu' une procédure d adoption est encore plus longue que de nombreuses PMA ou FIV. Qu' elle peux ne pas aboutir, comme une PMA ou FIV, Parce qu' elle engendre autant de doutes, de pleurs, et de désillusions, et parce qu' au final, quand on a un désir d enfant, ça ne se discute pas!

Donc, ceux qui jugent, pensent, et se demandent toujours POURQUOI? 
Passez votre chemin, nous n' avons pas de temps a perdre a essayer de changer des mentalités, qui n' essayent jamais de voir plus loin que le bout de leur utérus. 

A bonne entendeur!

lundi 4 janvier 2016

Souris Pomme

Les mots me sauvent,
C 'est comme ca,
Sinon mes sentiments m aliènent,
Me convertissent en une bête misérable dépourvue de sens, de logique,
Ils interdisent a cette bête émotionnelle de prendre le pas sur l humain que je suis.

Les mots s échappent souvent,
l appel de la plume, du clavier,
qui me laissent, après quelques minutes d une lutte frénétique,
fatiguée, épuisée, vidée.
Vide qui m' envahit trop souvent ces derniers jours...

Je me trouve errant, dans le couloir de ma maison, dans la cuisine, sans avoir envie de rien, a part de jeter des bouteilles a la mer. Sans pouvoir vraiment parler a quiquonque de ce vide .
Je m' occupe, j' essaie de maintenir mes yeux, et mes mains occupés, sur des espoirs futiles, sur des "si" chimériques  les yeux rivés devant cet écran d ordinateur qui est devenu ces derniers jours mon meilleur ami, qui me guide là ou je veux, sans juger.

Le vide. sans mots dedans, sans émotion dedans. sans rien. juste le vide.
ET je me sens happée par lui, alors je m' accroche. Si fort que ça en fait mal.
Il serait parfois si facile de tout laisser tomber, de se laisser porter, de se laisser vivre, et être, juste comme ca.
Sans aspirations, sans but, sans objectif.
Mais a quoi bon?

La vie ne vaut pas d etre vecue si elle ne vous permet pas d aspirer a quelque chose.
Etre quelqu' un de meilleur par exemple serait une bien meilleure occupation pour mon esprit qui tourne et retourne.
Toute ma vie, mes projets m ont portee jusqu'a aujourdhui, là, maintenant, devant mon ecran d ordinateur.
Et ma seule aspiration ne depend plus de moi. elle depend des autres, de ceux qui decideront, un jour peut etre, que ne nous ne serons pas e bons parents, ou que nous ne conviendront pas dans cette nouvelle vie de parents adoptants.
Je ne peux pas crier au et fort, que je serai meilleure qu' une autre, car ce n' est pas le cas, loin s en faut.
mais je suis... desoeuvree.
Dans ma vie de femme, de mere, dans mon moi.

Je pourrai me mettre au scrapbooking, au tricot, ou peut etre reprendre le piano.
Mais a quoi bon, je reviendrai toujours au meme point essentiel.
Je suis la.
ET je ne supporte pas de ne pouvoir rien faire.
D attendre.
et de ne pas etre maitre de ce qui arrivera plus tard.

Alors voila, j ecris, parce que je jette des bouteilles a la mer, parce que ca me fait du bien d ecrire, parce que ca me fait du bien d' entendre le cliquetis des touches sous mes ongles, parce que je vois inlassablement les lignes se remplir et que j' ai l impression que mon vide est un peu moins vide.

Souris pomme.
tes mots t ont remplis aujourd'hui.
Jusqu' a demain peut être.
Souris Pomme.
Fais bonne figure, serre les dents, et peut etre qu' un jour, la fee bleue viendra t aider a toi aussi.
Souris pomme.
TU as tout pour être heureuse.
Souris pomme.
C 'est pas si mal.
C 'est juste toi qui a un souci...
Toi et tes désirs d enfants, vous êtes juste... ridicules...

mardi 22 décembre 2015

La loterie parentale...

Hier, je rencontrai une nouvelle assistante sociale.
Pour notre adoption.
Ce projet qui nous tiens en haleine depuis maintenant  plus 3 ans. Pour lequel nous avons un agrément depuis 2 ans et demi maintenant.
L' adoption, c 'était mon troisième enfant. Celui qui se fait tant désirer dans mon coeur, dans ma tete, dans ma chair.
Nous avons décidé d adopter parce que nous nous sentions proches, dans nos tripes, dans nos sentiments, de cette parentalité. Nous avons fait le choix d adopter par désir, et non par force.
l' adoption n a pas été un non choix. Mais un vrai choix.

Hier, nous rencontrions donc l assistante sociale, pour lui montrer, fièrement, notre nouveau nid familial, notre nouveau chez nous.
Notre berceau.
Avec l' espoir que, peut etre, notre maison, notre nid, jouerai en notre faveur.

Mais, tels ont été les mots de l' assistante sociale...
Nous aurions "plus de chances de gagner a l euro million que d etre apparentés un jour dans l 'optique d 'adopter".

Donc voila, c 'est dit.
Nous n' aurons jamais la possibilité d avoir ce troisième.
Il nous faut pour adopter, revoir nos acceptations de Handicap, et aussi revoir nos acceptations d origine  nationale des enfants.
En gros nous n' avons plus trop de choix. Handicap, et étranger.

En nous lancant dans cette aventure nous savions pertinemment que l adoption ne serait pas un long fleuve tranquille, et que, deja parents de 2 enfants biologiques, nous ne serions pas " aidés".

Mais j 'avoue être un peu septique.
Pourquoi nous avoir donné un agrément? pourquoi nous dire, 3 ans plus tard, que nous ne pourrons jamais être parents adoptants?

Aujourd'hui, et peut être que demain ce ne sera plus le cas, je suis dans un état de " lachage". Je n' ai même pas la force, ni l 'envie de me battre.
Mon espoir a ete rasé.

Je ne suis pas triste,
Mais plutôt apathique, vidée de sentiments.

Je m apprête a faire une croix. Parce que je ne suis pas prête a garder un espoir vain attisé encore longtemps. Parce que peut etre, ai je fait une erreur en pensant que rien n' est impossible. parce que peut etre le jeu n en vaut pas la chandelle, et que lutter contre les administrations me semble trop insurmontable.

Toujours est il, peut etre devrait je effectivement jouer a l 'euro million.
Peut etre non.
Peut etre dois je poursuivre dans la voie de l adoption.
Peut etre pas.
Peut etre dois je envisager d autres chemins, vers une nouvelle parentalité.

Mais ce desir d enfant, et tellement présent.
Tellement ancré.
Tellement dans ma chair, et mon coeur.
Que cela va etre compliqué je sens!





samedi 10 mai 2014

Ce petit Troisieme...

Ce petit troisième...



Celui qui est dans mon cœur, mais qui ne sera jamais dans mon ventre. Celui qui pourtant est dans ma tête, tous les jours que Dieu fait.
Celui qui est dans mon cœur, mais qui ne sera jamais dans mon ventre, même si j' éprouve cette sensation de " grossesse", avide de la fin, de la connaissance, de ce premier regard....
Celui pour lequel nous nous mettons à nu depuis plus d un an.
Celui qui fera de moi cette vraie maman, celle qui ne le deviens pas pour se sauver elle même ( cf article "sauvetage").

Je ne saurai expliquer cette sensation, cette envie...
On m a demandé de l expliquer tant de fois, on m a demandé de mettre tant de mots dessus que cela en devient déroutant.
Être maman, devenir maman, cela est il si réfléchi? N y a t il pas une part de " tripes" dans cette envie la?
Pommier et moi nous sommes tournés vers l' adoption car je ne suis pas en mesure de porter ce troisième enfant sans mettre ma vie en danger.
Nous nous sommes posé, je crois, les bonnes questions. A savoir les difficultés d attachement, les difficultés psychologiques et les besoins innérants au passé de cet enfant qui n' aura pas été mien depuis sa naissance, un enfant que je n aurai pas su protéger dés ses premiers instants.

Mais ce petit troisième... celui la même que j essaie de ne pas m imaginer, garçon ou fille... bébé ou petit enfant... je me rend compte qu il est dans mes tripes quand même. J en parle comme s' il ou elle était déjà là. Je prend des décisions,  je conçois ma maison, je tisse ma vie actuelle et future autour de lui/elle.
Je m' engage, sans m en rendre vraiment compte, un peu plus chaque jour, vers ce futur commun.

Cet enfant, je l' attend, impatiemment...
Il me tarde de voir sa frimousse, d entendre sa voix. De sentir son odeur, même si elle n' est pas mienne. Je prépare sa vie future déjà... avec sérénité parfois et inquiétudes aussi.

Mais il est la... ce petit troisième...
Dans mes tripes, dans ma tête...
Et même si on nous a donner le droit de nous mettre en quête de lui, même si nous avons "postulé"  dans beaucoup de conseils généraux de France, nous ne l aurons peut être jamais.
Je n' arrive pas a me faire a l idée...
Alors je regarde devant, j essaie de ne pas me dégoûter de l' attente...
Et je rêve...
Je rêve de cette famille a 5... comme les 5 doigts de ma main...
Et je rêve... de cet enfant qui fait déjà partie de mes tripes et qui j espère entrera vite dans mon cœur.
Mais ce que j espère plus que tout...
C est d entrer dans le sien....

Telle est la vraie question de la parentalité adoptive.
Malgré toute notre motivation, notre amour a revendre, notre enthousiasme,  notre empathie, Le lien se fait a 3: les parents et l' enfant....
Et si ça ne marchait pas?
Et si il ne m' aimait pas?
 Et si  l adoption ne se faisait tout simplement jamais?


Je me laisse aller a croire qu un jour tout cela sera dernière nous,
Quand je serrerai dans mes bras ce petit corps d enfant... mon troisième enfant... le petit dernier... celui qui aura été tant  attendu et pour lequel nous auront tant lutté.


samedi 3 mai 2014

Le sauvetage

Alors que je sombrai dans la maladie,
Que mon coeur se noircissait de pensees egoistes,
Que mon ame etait blessee, trahie, et, je le croyais, condamnee.
Alors que le monde entier se dressait devant moi,
Que l épreuve etait trop dure, trop ereintante,
Qu elle me renvoyait dans un etat de miserabilité, de faiblesse, de solitude,
Il etait là,  lui.
Petit etre blond, aux grands yeux bleus,
Touché lui aussi par la trahison, la tristesse et  le manque,
Il a su me prendre la main, moi l adulte, et me conduire,
Il m a amené où je n'aurai  jamais pu aller seule....
Il m a porté,
Il m a sauvée
Mon sang,  ma chair,  mon fils...
Il m a sauvée de ce desir de non vie, de cette "moi" qui aurait pu tomber...
Quand mon corps, meurtri par la maladie, 
Affamé de drogues medicamenteuses,
Friand de pathologies annexes,
Me criait de baisser les bras,  de me laisser aller,
Enfin...
L idée, l espoir,  le desir, la force, la vie,
Ont germé, là,  au fond, tapis dans l ombre...
Et la representation, grandissante, jour apres jour,
Envers et contre tous, et surtout contre ce mal qui me rongeait,
A pris possession de mon coeur et de mon ame.
Me donnant assez de force,  enfin, pour la lutte.
Car mon ame, seule, mon corps, seul, n etaient plus raisons suffisantes,
Il te fallait toi,
Mon sang, ma chair, ma fille.
Il te fallait exister, dans mon ventre,
Pour me sauver...de ce corps qui n est plus le mien desormais.
Et toi, que je ne connais pas encore,
Dont je ne sais pas encore le prenom, ni le sexe, ni l age.
Toi qui aura ete voulu, désiré et attendu, plus qu aucun autre,
Toi qui aura ete l objet d un périple parental,
Tu sauveras toi, cette idee de n avoir su etre mere que par necessité,
Tu sauveras ce que je suis, une mere.
Vous serez tout les trois le pourquoi de mes matins, et de tous mes instants.
Vous serez tout les trois le pourquoi de mes levres esquissées en sourires.
Ils m auront sauvé la vie.
Tu auras sauvé mon coeur.

lundi 3 juin 2013

[INPPDC] De la question de l' adoption...

De la question de l'adoption et de ses prejugés.
De la question de l'adoption et des inepties véhiculées par des âmes peu informées pleines  d un soi disant bon sens. 
De la question  de l' adoption et des hères qui devraient se taire plutôt que de l' ouvrir sans arret sur un sujet qu' elles ne maîtrisent pas...
De la question de l 'adoption et de ces putains de gens qui se permettent d 'exposer un jugement que PERSONNE ne leur a demandé...


Vous aurez compris que je suis subjuguée, estomaquée, et catastrophée...
Certains pensent que la decision se prend là, comme ca, autour du café du matin: " Tiens, si on adoptait aujourdhui?"
Certains se permettent de quasiment vous insulter en vous disant que vous etes immoral, irresponsables et egoiste car vous piquez la place d 'autres parents, quand vous avez eu la chance d 'avoir deja un ou plusieurs enfants biologiques.
Certains pensent que l' adoption est motivée par la volonté litterale de " sauver" un enfant de la misere et d 'une mort certaine.
Certains disent haut et fort, "mais crois tu vraiment que tu pourrai aimer un enfant noir, jaune, rouge, ou vert, comme si il etait le tien?"
Et certains vont même jusqu' à dire " Oui mais tu ne l' aura pas "attendu" comme lors d 'une grossesse".

Alors a tout ceux là, qui estiment que le droit à la parentalité s 'arrête là où s 'arrête un uterus ou une bistouquette, je viens leur dire un peu ma faocn de penser....

Savez vous que lorsque un ou deux parents desirant adopter veulent se lancer dans la procedure d 'adoption, il existe un temps de latence d 'environ 2 mois entre la premiere reunion d 'information et l' envoi du dossier complet stipulant que la volonté est toujours intacte? deux mois. C ' est le temps qu'il faut a toute femme désireuse d 'un enfant se rend compte qu' elle est enceinte, et intègre l' information dans sa tête et son corps....
Savez vous que tout parent adoptant se voit interrogé, depiotté, mis a nu, et complètement remis en question lors de plusieurs entretiens avec des travailleurs sociaux, ( autrement dit assistante sociale ) et psychologue. Savez vous que votre passé, votre vécu familial, votre maison , votre manière d 'être et de vivre sont complètement décortiqués.
Croyez vous vraiment que les dits travailleurs sociaux feraient toutes ces visites, tous ces entretiens, si ils ne pensaient pas qu'il soit important que les futurs parents adoptants aient construit et mûri leur projet?
Dites moi.... Est ce que les parents biologiques sont soumis a une enquête poussée lorsqu' ils décident de mettre la graine dans le ventre de maman? NON! Et pourtant ils sont peut être de mauvais parents? Qui sais? Mais eux, on ne leur dit rien, et ils ne sont pas soumis à ce genre de chose... Sous couvert de la filiation biologique "suprematielle"... Et combien de pères biologiques abandonnent leurs femmes enceintes, ou n'ont aucun contact avec leurs enfants biologiques?
Honnêtement, je pense qu' il faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Il ne s ' agit pas là d 'adopter un chien, ou un poisson rouge; Il ne s 'agit pas d 'appeler le prochain chat " Caline" ou " chiffon"... Non il s 'agit d 'adotper un enfant, de le "porter" pendant le reste de son existence, de s 'investir émotionnellement d 'une grossesse administrative que personne ne vous reconnait, et d 'un espoir qu'il faut etouffer car rien n' est acquis, jamais.

Je suis estomaquée que certaines personnes pensent que choisir l' adoption alors que les parents en question ont deja des enfants biologiques est immoral, irresponsable et que ces parents là " piquent la place" aux autres.
Savez vous que tout les pays  ouvrant à l'adoption internationale mettent en place des conditions sinequanone qui vous ouvrent ou non l' adoption?
Savez vous que lorsqu' il s 'agit d 'une adoption en France, l adoption est mûrement réfléchie par un conseil de famille et que les parents sont triés sur le volet, et que toute decision est intentionnellement prise en toute collégialité?
Pour ce qui est de l' adoption internationale, des parents ayant déjà des enfants biologiques se dirigeront vers des pays qui leur ouvrent leur portes.
Par exemple, Haiti, n' ouvre pas ses portes à des parents ayant déjà des enfants biologiques et étant mariés depuis moins de 10 ans.
NON, on ne peux pas dire "tiens je vais aller adopter en république dominicaine parce que j' aime bien ce pays". Non, ce n’est pas possible.
Savez vous que dans le cas où les pays ouvrent leur porte a tout types de parents, il existe des critères définis par les travailleurs sociaux? Par exemple, un couple peut avoir le droit a adopter un enfant de plus de 5 ans, quand un autre pourra en adopter un de mois de 3 ans. du coup les dossiers sont repartis en fonction, et oui... les parents sans enfant sont prioritaires.
Alors, faut arrêter de nous prendre pour des cons, essayer de culpabiliser les parents adoptants en leur crachant au visage l' incompréhension de petits cerveaux qui ne sont pas capables d aller voir plus loin que le bout de leur nez. L' adoption est ARCHI légiférée. Elle est injuste dans le temps, car elle prend énormément de temps a se finaliser, mais elle est juste dans la répartition des priorités. La convention de la Haye, qui régit les adoptions a l' international, a été Ratifiée, par la majorité des pays proposant l' adoption internationale.

" Ho, c 'est bien ce que vous faites, il sera toujours mieux chez vous que la bas"...
Alors la je m'insurge.. déjà parce que la phrase doit être prise comment???? en bien ou en mal?
Et puis.... Croyiez vous vraiment que de déraciner un enfant soit simple pour lui? et pour les parents? Croyez vous vraiment qu' un enfant de 2 ans comprenne que si il suit ces deux personnes bizarrement blanches dans un autre pays a des milliers de kilomètres de la, il mangera du Nutella?
IL NE FAUT PAS penser que ce sont les parents qui adoptent.
Non, ce sont les enfants qui adoptent leur parents.
L' adoption ce n' est pas un droit a la parentalité pour les parents, non, c 'est le droit pour un enfant d 'avoir une famille.
Ce qui est tout a fait différent...
On ne met pas un enfant à notre disposition, on se met à disposition d 'un enfant...

Et a l' inverse, quand j' entend " de toute manière y a tellement de mômes qui crèvent de faim dans le monde". Peut être oui. Il y en a trop c 'est certain.
Les orphelinats sont pleins , c 'est vrai.
Mais pas d 'enfants a adopter...
De quoi? me direz vous?
Effectivement, la majorité des enfants présents dans un orphelinat sont "non adoptables" car confiés a l' orphelinat pour que celui ci subvienne a leurs besoins car les parents ne sont pas en mesure de les élever. Mais les parents etant toujours en vie, et un lien de filiation étant encore présents, ces enfants là ne peuvent quitter l' orphelinat et être soumis a l' adoption.
Parallèlement a ça, beaucoup d 'enfants ont vécu des drames, et sont jugés incapables d 'être adoptés car non adaptables à la vie dans un pays étranger et dans l' incapacité de gérer un déracinement.

" Oui mais c 'est pas pareil que d 'avoir eu une grossesse et de l' avoir attendu".
Autant vous dire de suite, qu' il est commun que des femmes étant en procédure d 'adoption aient des troubles de menstruations, prennent du poids, et se voient hormonalement complètement chamboulées.
Une adoption c 'est comme une grossesse. Mais sur le point émotionnel.
Alors oui un enfant adopté est attendu, et chéri peut être encore plus qu'un enfant naturel. Parce que c 'est un souffle au long court. c 'est un an de remise en question, de déballage affectif, et d intériorisation monstrueuse. Puis c 'est 2, voire 3 ans d' attente (dans le meilleur des cas), d 'idéalisations, d' espoirs et de désespoirs, de bonnes nouvelles et de catastrophes, pendant lesquelles les parents peuvent s' inquiéter de leur statut de parents, de la santé de leur enfant qui leur ai attribué mais qui se trouve a 10 000 Km de là. Et de leur capacité a le faire rentrer dans leur vie.

ET tout ceux qui sont là, a observer, juger et qui soumettent un jugent qui n' est pas valable, je ne leur dirai qu' une chose... continuez a regardez vos fesses et vos utérus..
La différence est là:  Si j' étais enceinte, tout le monde se rejouierai, car mon utérus serait une valeur sure. Le bébé aurait les yeux de grand maman ou le nez de grand papa. ET tout le monde s'y retrouverai.... Personne ne s 'interrogerai sur ma capacité a être une bonne mère. Ce serait un fait point.
L' adoption a quelque chose de dérangeant. peut être.
Mais si elle vous dérange, passez votre chemin...




C 'etait ma participation au coup de gueule du lundi de chez madame N: